Un bien communal rempli d’histoire.
L’histoire avec un grand H ne s’est pas toujours écrite dans les seules grandes cités que nous connaissons aujourd’hui. Il n’est pas rare qu’il y ait quelque part dans une campagne oubliée ou une petite commune qui ait son monument emblématique ayant été marquée par la grande histoire et plus particulièrement en Bretagne si l’on se réfère à cet âge d’or qui fut aussi celui d’un commerce maritime florissant du XVIème au XVIIIème siècle.
Le centre Bretagne, dont notre pays Pourlet regorge de concentrations d’édifices remarquables témoignant de leur importance dès le XVème siècle comme l’église de Kernascléden bâtie entre1420 et 1464, période de prospérité économique bretonne. Au bourg de Lignol, selon Joseph Danigo à propos de son église, les arcades intérieures et la porte sous le porche méridional dateraient elles aussi du XVème mais aura subi ou bénéficié (selon les points de vues) de nombreux remaniements jusqu’au XIXème sans compter les inestimables dégâts consécutifs à la révolution.
En ce qui concerne le presbytère nous avons affaire à une construction du XVIIème siècle qui vit successivement l’accueil puis l’arrestation par le pouvoir central de Versailles le 28 décembre 1719, Clément Chrysogon de Guer, marquis de Pontcallec, considéré comme le chef de la conspiration portant son nom » la conspiration de Pontcallec « .
Soixante quinze ans plus tard, dans la nuit du 8 au 9 novembre 1794, période de terreur révolutionnaire, le presbytère de Lignol fut témoin de l’exécution par les chouans(¹), des abbés constitutionnels Allanic et Jollivet suivie de celle du député aux états généraux de 1789 puis maire en 1791, Corentin Le Floch en son manoir de Canquizern.
La description qui suit se rapporte au presbytère proprement dit et plus globalement à un ensemble foncier sur lequel sont bâties d’autres constructions érigées dans des périodes différentes s’étalant entre le XVIIème et le XIXème siècle. L’ensemble est regroupé sur un espace foncier situé au sud et sud-est de l’église dont la propriété est communale comme tous les bâtiments religieux antérieur à la loi de séparation en 1905 de l’église et de l’état.

Au nouveau cadastre, l’ensemble apparaît divisé en trois parcelles, 64, 65, et 66 de surface respectives 1622, 864, 368 m² soit un total de 2854 m². On y distinguera principalement de gauche à droite l’ancienne maison vicariale de la fin du 16ème siècle (MV), la cour (C), l’ancienne écurie du 17ème siècle (E), le presbytère du 17ème siècle (P), un puits à margelle ronde également du 17ème siècle(O), une longère du 19ème siècle (L), le jardin (J) soit un total de 2854 m².
En leur qualité de bâtiments communaux, l’ancienne maison vicariale (MV) ainsi que l’ancienne étable (E) ont été réaménagées en logement gérés par le CCAS et à l’heure actuelle par la mairie, la longère (L) est un bâtiment mis à disposition de la société de chasse communale, l’ancien presbytère (P) a été habité dans sa vocation originelle jusqu’en 1999 par l’abbé Jean Marc Le Beller. Par la suite, il est prêté à la croix rouge, il a aussi servit à l’entreposage d’archives municipales qui depuis ont été déménagées à la mairie.
Un rapport établi par Claude Herbaut architecte et historienne du patrimoine décrit en 2003 pour le compte du » conseil d’architecture d’urbanisme et d’environnement du Morbihan (CAUE) », un ensemble constitué du presbytère de Lignol et ses dépendances. On y découvre un état des lieux actuel et la chronologie des évolutions successives survenues pendant les trois siècles et demi depuis les premières constructions. L’ensemble des descriptions des monuments de cet ensemble est tiré de ce rapport.
(¹) Les chouans lui reprochaient d’avoir vivement encouragé les prêtes du secteur à prêter le serment à la constitution civile du clergé et d’appliquer dans sa maison sans hésitations les mesures anticléricales décrétées successivement par l’assemblée législative et la convention. En outre, il n’avait pas hésité à se porter acquéreur de biens nationaux.

