Un noble breton au cœur d’une conspiration, arrêté à Lignol
Le marquis de Pontcallec est l’une des figures les plus emblématiques de la résistance bretonne au pouvoir royal au début du XVIIIᵉ siècle. Chef malgré lui d’une conspiration mal préparée, il devient après sa mort un symbole de liberté et d’attachement aux droits de la Bretagne. Son histoire croise directement celle de Lignol : c’est au presbytère du village qu’il est arrêté le 28 décembre 1719, mettant fin à plusieurs semaines de fuite.
🏰 Origines et jeunesse
Clément‑Chrysogone de Guer, marquis de Pontcallec, naît le 24 novembre 1679 à Rennes, dans une famille de noblesse ancienne mais fortement endettée. Il passe une partie de sa jeunesse dans le domaine familial de Pontcallec, situé à Berné, à quelques kilomètres de Lignol.
Il devient successivement :
- mousquetaire du Roi,
- puis capitaine de dragons en Bretagne vers 1715.
Malgré son titre, il vit dans une situation financière fragile, ce qui l’amène à défendre avec vigueur les privilèges fiscaux de la Bretagne.
⚖️ Contexte : tensions entre la Bretagne et la Régence
Après la mort de Louis XIV, la Régence impose de nouvelles taxes pour financer les guerres et la dette du royaume. La Bretagne, province dotée de privilèges fiscaux historiques, s’y oppose fermement.
Les États de Bretagne et le Parlement multiplient les protestations. Dans ce climat explosif, une partie de la noblesse bretonne envisage une résistance active.
C’est dans ce contexte que naît la Conspiration de Pontcallec.
⚔️ La conspiration de 1719
En 1719, un groupe de gentilshommes bretons se réunit dans les Landes de Lanvaux pour organiser une résistance armée. Pontcallec devient l’un des trois commissaires chargés de coordonner le mouvement.
Il transforme son domaine de Berné en camp retranché, véritable petite forteresse destinée à accueillir des volontaires. Mais la conspiration souffre de plusieurs faiblesses :
- manque d’organisation militaire,
- divisions internes entre nobles,
- absence de soutien populaire,
- renforts espagnols promis… mais jamais arrivés.
La conspiration s’effondre rapidement.
🕵️ La fuite… jusqu’à Lignol
Après la chute du camp, Pontcallec se cache pendant près de deux mois. Il trouve refuge dans plusieurs paroisses du Morbihan, avant d’être accueilli au presbytère de Lignol, où il reste plusieurs semaines.
Le 28 décembre 1719, il est trahi par le sénéchal du Faouët, qui informe les autorités. Des soldats encerclent le presbytère et procèdent à son arrestation sans résistance.
👉 Ce moment fait de Lignol l’un des lieux clés de la fin de la conspiration.
⚖️ Procès et exécution
Transféré à Nantes, Pontcallec est jugé par une commission spéciale envoyée de Paris, court‑circuitant les institutions bretonnes. Le procès est rapide et sévère.
Le 26 mars 1720, il est condamné à mort avec trois autres conjurés :
- du Couëdic,
- Montlouis,
- Talhouët.
Ils sont décapités le soir même, place du Bouffay à Nantes.
Cette exécution, rare pour des nobles, choque profondément la Bretagne.
🎭 Mémoire et postérité
Après sa mort, le marquis de Pontcallec devient une figure de résistance et d’attachement aux libertés bretonnes. Il inspire :
- des chansons populaires,
- des romans,
- des pièces de théâtre,
- et même le film Que la fête commence (1975), où il est représenté comme un symbole de révolte.
Dans le Morbihan, son nom reste associé à plusieurs lieux, et son histoire demeure un élément fort de la mémoire régionale.
📌 Lignol dans l’histoire de Pontcallec
L’arrestation du marquis au presbytère de Lignol constitue l’un des épisodes les plus marquants de la conspiration. Ce lien direct donne à la commune une place singulière dans l’histoire bretonne du XVIIIᵉ siècle.
Pour ton site, cet aspect local est particulièrement précieux : il permet de relier un événement national à un lieu précis du village.
📚 Sources principales
- Archives départementales du Morbihan
- Études historiques sur la conspiration de Pontcallec
- Travaux universitaires sur la Bretagne au XVIIIᵉ siècle
- Récits contemporains et mémoires de la Régence

