Le réseau électrique d’ENEDIS en campagne

Une fois de plus, au premier coup de vent d’importance, le réseau électrique n’a pas résisté. Lignol s’est retrouvé plongé dans le noir pendant plusieurs heures et, pour certains foyers, pendant plusieurs jours.

Cette nouvelle panne soulève une question que de nombreux habitants des campagnes se posent régulièrement : que faut-il pour que les problèmes récurrents de coupures électriques soient enfin pris en compte de manière durable par ENEDIS ?

À l’heure où le tout électrique est encouragé, que ce soit pour le chauffage, les véhicules ou de nombreux équipements du quotidien, la fiabilité du réseau devient un enjeu essentiel. Pourtant, dans les zones rurales, les lignes aériennes restent particulièrement exposées aux chutes de branches et d’arbres lors des tempêtes et épisodes venteux.

Cet article concerne Lignol, mais aussi tous les villages bretons et français confrontés à ces mêmes difficultés. Derrière chaque coupure se cachent des familles, des personnes âgées, des commerçants, des exploitants agricoles ou encore des télétravailleurs qui se retrouvent brutalement privés d’électricité.

Pourquoi l’enfouissement des réseaux a-t-il été largement développé dans les centres-villes et les zones urbaines, où les risques liés à la végétation sont souvent plus que limités, alors que de nombreuses communes rurales continuent de dépendre de lignes aériennes particulièrement vulnérables ?

Je tiens également à saluer le travail des agents d’ENEDIS, mobilisés de jour comme de nuit et parfois dans des conditions météorologiques difficiles pour rétablir le courant le plus rapidement possible. Les interrogations soulevées ici ne concernent pas leur engagement sur le terrain, mais les choix d’investissement et d’aménagement du réseau.

Une autre question mérite d’être posée : quel est le coût réel des réparations et interventions après chaque tempête ? Ne serait-il pas plus pertinent, à long ou moyen terme, d’accélérer l’enfouissement des réseaux dans les secteurs les plus exposés ?

Lorsque l’on observe la situation chez plusieurs de nos voisins européens, on constate que certains pays ont largement développé l’enfouissement de leurs réseaux électriques. Cela nourrit le débat sur les choix effectués en France et sur les solutions à privilégier pour améliorer la résilience du réseau face aux aléas climatiques.

Par exemple en Allemagne le réseau est enterré à 80% contre 55% en France, en Belgique 85% du réseau et le réseau domestique à quasi 100%, au Pays Bas près de 100 % du réseau de distribution électrique (basse et moyenne tension) est enterré. Une fois de plus on voit que la France est en retard par rapport à d’autres pays qui subissent comme nous des tempêtes.

Au-delà des chiffres et des comparaisons, la véritable question reste celle de la qualité du service rendu aux usagers par ENEDIS. Les habitants des communes rurales sont en droit d’attendre un réseau fiable et adapté aux réalités de leur territoire. Les événements de ces derniers jours montrent qu’il existe encore un important chantier pour garantir une alimentation électrique plus sécurisée dans nos campagnes.

Tempête en Bretagne, branches tombées sur le réseau électrique et intervention d'urgence pour rétablir le courant.